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Industriels : quel projet photovoltaïque pour mon autoconsommation ?

  • 20 juil.
  • 8 min de lecture

Plusieurs éléments entrent en compte dans le choix d'un projet photovoltaïque pour votre usine, qu'il soit pensé en autoconsommation ou en vente d'électricité. Trois étapes structurent une analyse sérieuse :

  • Identifier les surfaces exploitables en fonction des contraintes de votre site : chaque surface disponible a ses propres atouts et limites.

  • Définir le mode de valorisation le plus pertinent : autoconsommation ou vente dépend du type de surface, de sa taille et de vos objectifs.

  • Évaluer les démarches administratives du projet : entre urbanisme, raccordement et ICPE, un projet solaire industriel mobilise plusieurs interlocuteurs.

Une étude de cas en fin d'article détaille le dimensionnement d'une installation industrielle, chiffres à l'appui.


⚠️ Ce qui a changé depuis 2022 : la prime à l'autoconsommation a été supprimée et le tarif de rachat du surplus a été ramené à 1,1 c€/kWh par l'arrêté tarifaire S21 du 1ᵉʳ juin 2026 (JO du 4 juin). Les seuils d'urbanisme pour les centrales au sol ont aussi été relevés. Cet article intègre ces évolutions.

Identifier les surfaces exploitables

Il existe principalement trois types de surfaces exploitables pour un projet photovoltaïque sur site industriel.


Les toitures

autoconsommation photovoltaïque sur une toiture

Les toitures peuvent accueillir des modules photovoltaïques, le plus souvent implantés en surimposition pour une meilleure production et sans endommager l'étanchéité du bâtiment.

Pour les projets de rénovation, la contrainte principale reste structurelle. La charpente doit pouvoir supporter une charge additionnelle d'environ 15 kg/m², en respectant les normes neige et vent. Le support d'étanchéité, les isolants (de type C) et l'étanchéité (Broof T3) doivent par ailleurs être compatibles avec le photovoltaïque. C'est l'objet de l'étude structure de trancher cette compatibilité.

Une fois la compatibilité vérifiée, les modules s'implantent sur les faces orientées au sud (éventuellement est ou ouest), avec une densité désormais proche de 200 Wc/m² grâce aux modules de nouvelle génération (contre 180 Wc/m² il y a quelques années). Pour les toitures qui ne supportent pas de charge additionnelle, des solutions de panneaux légers existent, comme le module Heliup Stykon fabriqué en France.



Les parkings

Ombrières photovoltaïques sur un parking

Les parkings, en tant que surfaces déjà artificialisées, sont souvent privilégiés pour l'implantation de parcs photovoltaïques. Les ombrières protègent en plus les véhicules des intempéries, même si ce système reste, en général, plus coûteux à mettre en œuvre.

Les ombrières permettent d'installer environ 150 Wc/m².

Un point réglementaire à ne pas négliger en 2026 : la loi APER, précisée par les décrets n°2024-1023 et n°2024-1104 puis assouplie par la loi Huwart de novembre 2025, impose aux parkings extérieurs de plus de 1 500 m² de s'équiper d'ombrières photovoltaïques (ou d'un dispositif de végétalisation), avec un minimum de couverture photovoltaïque et un transfert de la responsabilité réglementaire vers le propriétaire du foncier. Pour un industriel disposant d'un grand parking, ce n'est plus seulement une opportunité économique : c'est une obligation à anticiper. Terneo peut réaliser une étude d'exonération à la loi APER pour vérifier votre situation au regard du texte.

Pour maximiser la performance d'un parc photovoltaïque sur parking, certaines entreprises font appel à des experts, qui proposent des solutions associant production solaire, bornes de recharge et stockage d'énergie pour une gestion optimisée. Une ombrière de parking est aussi l'occasion d'intégrer des bornes de recharge IRVE pour la flotte de l'entreprise.



Le sol

Panneaux photovoltaïques au sol

Les terrains à proximité de l'usine peuvent également être exploités, sous réserve de ne pas entrer en conflit avec d'autres usages (réserve foncière, zone de stockage…). Les modules reposent sur des structures ancrées au sol par pieux vissés, pieux battus ou longrines. En raison de l'espacement entre les tables, la puissance installable est d'environ 120 Wc/m².

Sur des surfaces inférieures à 3 hectares, les centrales au sol ne bénéficient toujours pas de soutien tarifaire public. Sur ce type de surface, seuls les projets en autoconsommation restent pertinents : le surplus s'y valorise mal, au prix de marché.

À noter également : depuis la loi APER, les centrales au sol sont en principe interdites sur terres agricoles, sauf dans le cadre strict de l'agrivoltaïsme ou des zones d'accélération des énergies renouvelables (ZAEnR) sont délibérées par la commune.


Mode de valorisation de l’énergie produite


Les projets en autoconsommation

Les projets en autoconsommation permettent d'affranchir jusqu'à 30 % de la consommation d'une usine des aléas du marché de l'électricité. Avec la volatilité persistante des prix de l'énergie, la demande pour ce type de projet reste forte.

La production photovoltaïque est irrégulière. Les consommations électriques d'une usine, elles, suivent le rythme de l'outil industriel. Un projet en autoconsommation est pertinent quand la consommation est bien corrélée à la production photovoltaïque, et rentable si la majeure partie de l'énergie produite est directement consommée sur site.

Si l'usine ferme en juillet-août, par exemple, une part importante de l'énergie produite sera injectée sur le réseau et donc mal valorisée.


Les projets en vente totale

Depuis l'arrêté S21 du 1ᵉʳ juin 2026, le cadre de la vente totale a été profondément revu et dépend désormais de la puissance du projet :

Puissance installée

Dispositif applicable

Tarif (vente totale ou surplus)

≤ 9 kWc

Guichet ouvert S21 : surplus uniquement, vente totale fermée

1,1 c€/kWh HT, indexé +2 %/an

9 à 100 kWc

Guichet ouvert S21

1,1 c€/kWh HT, indexé +2 %/an, plafonné à 1 600 h équivalent pleine puissance/an (4 c€/kWh au-delà)

100 à 500 kWc

Appel d'offres simplifié (AOS) CRE

Prix plafond de 95 €/MWh (9,5 c€/kWh), classement par compétitivité, fenêtres de dépôt périodiques

> 500 kWc

Appel d'offres CRE classique

Prix défini par le résultat de la mise en concurrence

Tarifs et seuils en vigueur à la date de publication, actualisés trimestriellement par la CRE, à reconfirmer au moment du dépôt du dossier.

Avec un tarif de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh et la disparition de la prime à l'investissement, la vente totale en guichet ouvert (≤ 100 kWc) n'a quasiment plus d'intérêt économique pour un industriel : la rentabilité d'un projet repose désormais presque entièrement sur l'autoconsommation. Au-delà de 100 kWc, la vente totale reste envisageable via les appels d'offres CRE, mais implique un montage plus complexe (mise en concurrence, garantie financière, critères de résilience d'approvisionnement).


Possibilité de tiers-investissement

Pour les projets en vente totale comme en autoconsommation, il est possible de faire appel à des tiers-investisseurs, qui louent les surfaces exploitables et se rémunèrent sur la vente de l'électricité produite. Ces acteurs recherchent généralement des surfaces supérieures à 1 000 m² pour assurer une rentabilité suffisante.

En autoconsommation, le tiers-investisseur refacture l'énergie autoconsommée (en €/MWh) ou loue la centrale à loyer fixe (en €/an).

Dans une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO), Terneo peut vous accompagner pour identifier les tiers-investisseurs adaptés à votre projet.



Les démarches administratives



le cadre réglementaire de l'autoconsommation photovoltaïque


Le type de démarche dépend de la taille du projet et de son support. Les projets sur ombrières et toitures restent systématiquement soumis à déclaration préalable.


Pour les projets au sol, le seuil entre déclaration préalable et permis de construire a été relevé de 1 MWc à 3 MWc par le décret n°2024-1023 du 13 novembre 2024 (article R.421-9 du code de l'urbanisme) :


  • P < 3 MWc : déclaration préalable

  • P ≥ 3 MWc : permis de construire


Cette évaluation d'urbanisme reste distincte de l'évaluation environnementale, qui suit ses propres seuils (article R.122-2 du code de l'environnement) :


  • Entre 300 kWc et 1 MWc au sol : examen au cas par cas par le préfet de région

  • À partir de 1 MWc au sol : évaluation environnementale systématique

  • Les ombrières installées sur aire de stationnement sont exemptées de cette procédure, quelle que soit leur puissance


Demande de raccordement

Une demande de raccordement reste à effectuer auprès d'Enedis pour obtenir l'autorisation d'injecter sur le réseau et en connaître le coût.


Démarche ICPE

Sur un site ICPE, il est nécessaire de réaliser un porter à connaissance instruit par la DREAL ICPE.


Une étude de cas d'autoconsommation photovoltaïque

Prenons le cas, rencontré par Terneo, d'une usine consommant 1,5 GWh par an, de manière stable toute l'année.


Surfaces exploitables projet photovoltaïque dans l'Allier

Analyse de potentiel

L'entreprise dispose de 3 surfaces exploitables : 2 000 m² de toiture terrasse, 5 000 m² au sol, 500 m² de parking.


  • La toiture terrasse ne supporte pas la charge induite par les modules : isolant et étanchéité incompatibles, réfection trop onéreuse.

  • Le parking offre une surface trop réduite (moins de 100 kWc exploitables) pour répondre aux besoins énergétiques de l'usine.

  • L'entreprise dispose d'une surface au sol importante. Pour des raisons de coûts et de calendrier, elle souhaite éviter une procédure d'évaluation environnementale : on étudie donc une centrale de 300 kWc sur 3 000 m² au sol, sous le seuil de 300 kWc déclenchant l'examen au cas par cas.


Dimensionnement de l'installation

autoconsommation photovoltaïque
autoconsommation photovoltaïque

L'usine consomme de manière stable tout au long de l'année, avec un talon autour de 50 kW. La consommation est plus faible le week-end : l'énergie photovoltaïque ne sera donc pas entièrement consommée sur site.


La centrale de 300 kWc produira environ 390 MWh par an, dont 80 % consommés sur place, couvrant 20 % des besoins de l'usine.


Le dimensionnement précis s'effectue lors de l'étude de faisabilité Terneo : analyse détaillée des coûts et consommations, plan d'implantation des modules, onduleurs et câblage, étude électrique de raccordement, simulation du productible.


Étude économique 

Une centrale solaire de 300 kWc au sol coûte aujourd'hui de l'ordre de 270 à 300 k€, contre environ 330 k€ en 2022 la baisse du coût du matériel ayant en partie compensé l'inflation sur la pose.

Si l'industriel paye son électricité autour de 150 à 180 €/MWh (taxes et coûts de transport inclus), ses économies annuelles se situent autour de 45 à 55 k€.


Le surplus, lui, reste mal valorisé : implanté au sol sur moins de 3 hectares, le projet ne bénéficie d'aucun soutien tarifaire et doit écouler son surplus auprès d'un fournisseur, autour de 35 à 45 €/MWh, soit des recettes annuelles de l'ordre de 3 k€.


Avec ces éléments, le temps de retour brut de la centrale reste autour de 6 à 7 ans.


L'étude de faisabilité Terneo détaille les coûts d'investissement estimés en consultant des acteurs locaux, simule les réductions de consommation sur l'ensemble des postes horosaisonniers du client (Pointe, HPH, HCH, HPE, HCE), et intègre l'évolution du coût de l'électricité ainsi que les adaptations de consommation possibles (relamping, hausse d'activité, remplacement de machines énergivores).


Démarches administratives et planning

Conséquence directe du relèvement du seuil d'urbanisme à 3 MWc : une centrale de 300 kWc relève désormais d'une simple déclaration préalable, et non plus d'un permis de construire comme c'était le cas avant fin 2024. Le dossier se dépose en mairie, avec un délai d'instruction généralement d'un mois (contre 3 mois pour un permis de construire).

Sur un site ICPE, un porter à connaissance reste nécessaire auprès de la DREAL, avec des délais d'instruction variables.


Si la centrale injecte de l'électricité sur le réseau, une demande de raccordement Enedis reste obligatoire, avec une instruction de 3 mois, démarrée une fois l'autorisation d'urbanisme obtenue.

Au global, un projet de 300 kWc au sol, simplifié par le nouveau régime de déclaration préalable, peut désormais se boucler en 8 à 9 mois plutôt que 11.



Calendrier planning des étapes d'un projet solaire photovoltaïque industriel



Questions fréquentes

Quelle surface faut-il pour un projet photovoltaïque industriel rentable ?

Cela dépend du mode de pose : environ 200 Wc/m² en toiture, 150 Wc/m² en ombrière de parking, 120 Wc/m² au sol. Une surface de 1 000 m² ou plus est généralement nécessaire pour intéresser un tiers-investisseur.

Non, pas pour un projet en guichet ouvert (≤ 100 kWc) : le tarif est tombé à 1,1 c€/kWh depuis le 5 juin 2026, et la prime à l'autoconsommation a été supprimée. La rentabilité d'un projet industriel repose désormais quasi exclusivement sur l'autoconsommation individuelle ou collective.

Non, depuis le relèvement du seuil à 3 MWc (décret n°2024-1023), une déclaration préalable suffit pour ce niveau de puissance.

Tout parking extérieur de plus de 1 500 m² est concerné par les obligations issues de la loi APER, avec des aménagements introduits par la loi Huwart fin 2025. Une étude dédiée permet de vérifier votre situation et vos éventuelles exonérations.


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