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Loi APER : comment transformer son obligation photovoltaïque en projet stockage et IRVE

  • il y a 3 heures
  • 4 min de lecture

La loi APER impose l'installation d'ombrières photovoltaïques sur les parkings de plus de 1 500 m².

 

Beaucoup d'entreprises et de collectivités traitent ce sujet comme une simple mise en conformité : poser les ombrières, respecter le seuil de surface, passer au dossier suivant. C'est pourtant le moment où le foncier est ouvert, le raccordement électrique révisé et le génie civil engagé, trois conditions rarement réunies en dehors d'un projet imposé par la réglementation. Ne mobiliser que le volet photovoltaïque revient à laisser de côté deux briques qui partagent la même infrastructure : le stockage d'énergie et les bornes de recharge.


Loi APER : un point de départ

Pour rappel, l'obligation porte sur l'installation d'ombrières PV couvrant au moins 50 % de la surface des parkings extérieurs de plus de 1 500 m² ou avec un mix de végétalisation et d’ombrières photovoltaïque, selon un calendrier qui s'échelonne entre 2026 et 2028 selon la taille et le régime de gestion du parc (le détail complet des seuils et délais est disponible dans notre guide sur la loi APER et notre article sur les obligations d'ombrières photovoltaïques).


Une fois cette obligation identifiée, la question qui a le plus d'impact économique n'est pas "combien de m² d'ombrières", mais "qu'est-ce que je fais de l'énergie produite et qu'est-ce que je fais du chantier".


Pourquoi coupler ombrières photovoltaïques et stockage d'énergie (BESS)

Une installation photovoltaïque sur ombrières produit en journée, avec un pic de production qui ne correspond pas toujours au pic de consommation du site (bureaux fermés le week-end, activité logistique concentrée sur certaines plages horaires). Un système de stockage par batteries (BESS) permet de :


  • Décaler la consommation de l'énergie produite vers les heures où le site en a réellement besoin plutôt que de revendre un surplus à un tarif souvent moins intéressant que l'autoconsommation

  • Écrêter les pics de puissance appelée sur le réseau, ce qui peut réduire la facture liée à la puissance souscrite

  • Sécuriser une partie de l'alimentation du site en cas de coupure

  • Limiter les contraintes de raccordement lorsque le réseau local (Enedis) impose des limites d'injection sur la zone

  • Possibilité de bénéficier des briques de rémunération annexe (optimisation tarifaire, services réseau etc).


Sur un projet d'ombrières déjà engagé, ajouter le stockage revient à mobiliser le même dossier de raccordement (dans le cas où on injecte sur le réseau, il faut sommer les puissances, ce qui peut être contraignant mais la loi devrait évoluer à ce sujet).


Pourquoi associer des bornes de recharge IRVE à son projet d'ombrières

Un parking de plus de 1 500 m² concerné par la loi APER est, par construction, un parking où l'électrification des flottes (véhicules de service, véhicules du personnel, flotte de livraison) devient tôt ou tard un sujet. Installer les infrastructures de recharge (IRVE) au moment du chantier d'ombrières présente un intérêt concret :


  • Les tranchées, le génie civil et le passage de câbles se font en une seule fois, sous les mêmes ombrières

  • Le dimensionnement électrique du site (transformateur, tableau général) est pensé pour l'ensemble des usages dès le départ, plutôt que révisé au coup par coup

  • L'énergie produite en toiture peut directement alimenter la recharge, réduisant l'appel de puissance au réseau aux heures de pointe


Traiter les deux sujets séparément, à quelques années d'intervalle, signifie généralement rouvrir le site, refaire une étude de raccordement et repayer une partie des coûts de génie civil déjà engagés.


Un projet loi APER intégré : PV, stockage et IRVE ensemble

Concrètement, un projet qui associe les trois briques repose sur une étude unique qui couvre :


  • Le potentiel de production photovoltaïque du site (orientation, ombrage, surface disponible)

  • Le profil de consommation réel du site, pour dimensionner le stockage en fonction des usages et non d'un ratio générique

  • Les besoins de recharge actuels et projetés de la flotte, pour dimensionner les bornes sans sur-investir

  • La capacité de raccordement disponible auprès du gestionnaire de réseau, qui conditionne souvent l'arbitrage entre les trois briques


C'est cette vision d'ensemble qui permet d'éviter l'écueil classique : une installation photovoltaïque surdimensionnée par rapport à la consommation du site, ou des bornes IRVE installées sans lien avec la production solaire disponible.


Quels bénéfices à une approche globale plutôt que séquentielle ?

Approche

Autoconsommation

Coût de raccordement

Chantiers

Ombrières PV seules

Limitée si production > besoins ponctuels

Standard

1 chantier

PV + stockage

Optimisée, écrêtage des pics

Standard, capacité mieux utilisée

1 chantier

PV + stockage + IRVE

Optimisée, énergie orientée vers un usage prioritaire (flotte)

Mutualisé sur un seul dossier

1 chantier au lieu de 2 ou 3

Au-delà du confort opérationnel, traiter les trois volets ensemble évite les coûts additionnels d'un second chantier (réouverture de voirie, nouvelle demande de raccordement, immobilisation supplémentaire du parking).


Comment un bureau d'études indépendant construit ce type de projet


Bureau d'études photovoltaïque indépendant

L'intérêt d'un BET photovoltaïque indépendant est de raisonner sur les trois briques à la fois plutôt que de partir d'une solution déjà choisie. L'étude évalue la pertinence technique et économique de chaque brique séparément, puis leur articulation : est-ce que le stockage se justifie sur ce profil de consommation, est-ce que les IRVE doivent être dimensionnées pour la flotte actuelle ou une projection à 5 ans, quel calendrier de travaux permet de tout mutualiser avant l'échéance loi APER applicable à votre parking.


Vous souhaitez évaluer si votre projet loi APER peut intégrer stockage et IRVE ?




Questions fréquentes

Le stockage d'énergie est-il obligatoire dans le cadre de la loi APER ?

Non, la loi APER n'impose que l'installation d'ombrières photovoltaïques sur les seuils de surface définis. Le stockage est une option d'optimisation, pas une obligation réglementaire.

Non, la loi APER porte spécifiquement sur les ombrières photovoltaïques. L'intérêt ici est calendaire et économique : mutualiser les travaux, pas une obligation légale conjointe.

Le surcoût à l'instant T est réel, mais il est généralement inférieur au coût cumulé de deux ou trois chantiers séparés dans le temps, notamment sur le génie civil et le raccordement.

Cela dépend du profil de consommation du site rapporté à la production solaire estimée. Seule une étude technico-économique dédiée permet de trancher, au cas par cas.


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