top of page

Loi climat et résilience : ce qu'elle impose sur le photovoltaïque, les parkings et les bornes IRVE

7 sept.
6 min de lecture

La loi climat et résilience du 22 août 2021 a posé les bases d'une transformation du foncier tertiaire et commercial français. Toitures solarisées, parkings ombragés par des panneaux photovoltaïques, parcs de stationnement équipés en bornes de recharge ne sont plus des options mais des obligations dont les échéances vont de 2025 à 2028.

Pour un propriétaire de bâtiment commercial, un gestionnaire de parc industriel ou une collectivité, le texte de loi seul ne suffit pas à savoir si on est concerné, à partir de quand et avec quelle marge de manœuvre. Les décrets d'application successifs (décret n°2024-1023, décret n°2024-1104) et la loi Huwart de fin 2025 ont précisé et parfois assoupli le dispositif initial. Voici où en sont réellement les obligations en 2026.


Le cadre général : trois leviers, trois calendriers

La loi climat et résilience agit sur trois volets distincts pour les bâtiments tertiaires, commerciaux et industriels : les toitures, les parkings extérieurs et l'équipement en bornes de recharge électrique. Chaque volet a son propre seuil de surface et son propre calendrier.


Toitures : solarisation ou végétalisation obligatoire

Bâtiments neufs et rénovations lourdes. Depuis 2023–2024, les bâtiments commerciaux, industriels, artisanaux, entrepôts, hangars et bureaux dont l'emprise au sol dépasse 500 m² (bureaux : seuil historique 1 000 m², abaissé à 500 m² depuis le 1er janvier 2025) doivent intégrer un procédé de production d'énergie renouvelable, photovoltaïque le plus souvent, ou un dispositif de végétalisation sur une part minimale de leur toiture.


Cette part minimale progresse dans le temps : 30 % depuis l'entrée en vigueur, 40 % à partir du 1er juillet 2026, 50 % à partir du 1er juillet 2027.


Bâtiments existants. L'obligation s'étend également au parc existant, avec une échéance fixée au 1er janvier 2028. La part de toiture exigée pour l'existant doit encore être précisée par décret.

Concrètement, si vous portez un projet de construction ou de rénovation lourde en 2026, viser directement les 40 % évite un nouveau chantier de mise en conformité en 2027.


Parkings extérieurs : l'obligation la plus structurante

C'est le volet où la réglementation a le plus évolué récemment et celui qui génère le plus de questions.


Parkings neufs (depuis 2024). Tout parc de stationnement extérieur neuf de plus de 500 m² doit être ombragé sur au moins 50 % de sa surface, avec 100 % des ombrières intégrant un procédé de production d'énergie renouvelable.


Parkings existants (loi APER, article 40, décret du 13 novembre 2024). L'obligation s'étend aux parcs existants de plus de 1 500 m². Le calendrier dépend de la surface et du mode de gestion :


  • Parkings non concédés ≥ 10 000 m² : conformité au 1er juillet 2026

  • Parkings non concédés entre 1 500 et 10 000 m² : conformité au 1er juillet 2028

  • Parkings en concession ou DSP : l'échéance dépend de la date de renouvellement du contrat (2026 si renouvellement avant le 1er juillet 2026, sinon 2028)


L'assouplissement de la loi Huwart (octobre-novembre 2025). Cette réforme a introduit la possibilité d'un ombrage mixte combinant ombrières photovoltaïques et végétalisation. Le seuil minimal de couverture strictement photovoltaïque est désormais de 17,5 % de la surface totale du parking (soit 35 % de la moitié de surface à ombrager), le solde pouvant être assuré par de la végétalisation. C'est un changement significatif pour les sites déjà arborés, qui n'ont plus à arbitrer entre conserver leurs arbres et se mettre en conformité.


Un report conditionnel jusqu'au 1er janvier 2028 est possible pour les parkings de plus de 10 000 m², à condition de justifier d'un contrat d'engagement avec acompte avant le 31 décembre 2025 et d'un bon de commande pour des panneaux photovoltaïques répondant à des critères de sourcing européen avant le 30 juin 2026.


Les sanctions. En cas de non-conformité à l'échéance, une amende administrative annuelle s'applique : jusqu'à 20 000 € par an pour les parkings de moins de 10 000 m², jusqu'à 40 000 € par an au-delà. La sanction est reconduite chaque année tant que le site n'est pas mis en conformité.


Les dérogations possibles. Trois motifs principaux : le parking est déjà ombragé sur au moins 50 % de sa surface par des arbres existants, des contraintes techniques ou de sécurité empêchent l'installation, ou le coût de production de l'électricité dépasse un seuil économique défini par arrêté (5 mars 2024). Ces dérogations doivent être documentées par une étude technico-économique réalisée par un professionnel qualifié tel un bureau d'études indépendant.


Bornes IRVE : le pré-équipement devenu obligation de recharge


Borne IRVE loi climat et résilience

La loi d'orientation des mobilités (LOM, 2019) imposait déjà le pré-équipement des parkings neufs ou rénovés pour faciliter l'installation future de bornes de recharge. La loi climat et résilience est venue renforcer cette obligation en l'étendant et en accélérant le passage du pré-équipement à l'installation effective de bornes, notamment dans les bâtiments tertiaires et les établissements recevant du public.


Pour les parkings poids lourds, un arrêté attendu avant le 30 juin 2026 doit clarifier les règles de cohabitation entre les bornes IRVE poids-lourds et les ombrières photovoltaïques, ces zones étant temporairement exonérées de l'obligation de solarisation dans l'attente de cette clarification technique liée au risque incendie.


L'articulation entre obligation de solarisation et obligation IRVE n'est pas un détail. Sur un même parking, l'implantation des ombrières doit intégrer dès la conception l'emplacement des bornes de recharge, leur raccordement électrique et les contraintes de dimensionnement du réseau interne. Une approche séquentielle, d'abord les ombrières, puis les bornes, génère souvent des reprises de travaux évitables.


Comment articuler ces obligations avec le décret tertiaire

La loi climat et résilience et le décret tertiaire ne poursuivent pas le même objectif réglementaire, mais ils concernent souvent les mêmes bâtiments. Le décret tertiaire vise la réduction des consommations d'énergie ; la loi climat et résilience (et la loi APER qui la complète) vise la production d'énergies renouvelables et l'aménagement des surfaces.


Pour un gestionnaire de patrimoine soumis aux deux dispositifs, traiter les obligations séparément multiplie les études et les coûts. Une stratégie patrimoniale unique, sobriété énergétique, pilotage, travaux de rénovation, autoconsommation photovoltaïque, répond simultanément aux deux textes et optimise l'investissement global.


L'énergie produite par une installation photovoltaïque en toiture ou en ombrière de parking, consommée en autoconsommation, réduit directement les consommations déclarées sur OPERAT au titre du décret tertiaire. Un projet de solarisation conçu dans cette logique sert deux obligations réglementaires avec un seul investissement.


Loi climat et résilience : ce qu'il faut retenir

L'échéance du 1er juillet 2026 concerne en premier lieu les parkings non concédés de plus de 10 000 m² et le relèvement du seuil de toiture à 40 %. Si votre patrimoine entre dans ce périmètre, le délai pour engager une étude de faisabilité, dimensionner le projet et lancer les travaux est déjà court.


Pour les parcs entre 1 500 et 10 000 m², l'échéance de 2028 laisse plus de marge, mais l'anticipation reste recommandée : les conditions de financement, les capacités de raccordement Enedis et les disponibilités des installateurs RGE se tendent à mesure que les échéances approchent.


Votre parking ou votre toiture entre dans le périmètre de l'obligation ? Terneo réalise l'étude de faisabilité et le dimensionnement de votre projet.



FAQ

Quels bâtiments sont concernés par l'obligation de toiture solarisée ?

Les bâtiments commerciaux, industriels, artisanaux, entrepôts, hangars et bureaux dont l'emprise au sol dépasse 500 m², qu'ils soient neufs, en rénovation lourde, ou existants (échéance 2028 pour l'existant).

La loi climat et résilience a posé l'obligation initiale de solarisation des parkings neufs dès 2021. La loi APER (article 40, 2023) a étendu cette obligation aux parkings existants de plus de 1 500 m², avec des échéances en 2026 et 2028 selon la surface.

Oui, depuis la loi Huwart (octobre 2025). L'ombrage mixte est autorisé à condition que la couverture strictement photovoltaïque atteigne au moins 17,5 % de la surface totale du parking.

Une amende administrative annuelle, reconduite chaque année jusqu'à mise en conformité : jusqu'à 20 000 € pour les parkings de moins de 10 000 m², jusqu'à 40 000 € au-delà.

Oui. L'énergie produite et consommée en autoconsommation réduit la consommation nette déclarée sur OPERAT, ce qui améliore l'indicateur de conformité au décret tertiaire.

Oui, sous trois conditions principales : ombrage déjà assuré par des arbres à 50 % (1 arbre pour 3 places de stationnement (arbres à canopée large)), contraintes techniques ou de sécurité documentées, ou coût de production de l'électricité dépassant le seuil économique réglementaire. Une étude technico-économique par un professionnel qualifié est requise.


Commentaires


bottom of page